Bonjour chers lecteurs !
Malgré mon absence sur la blogosphère, j’ai avancé dans mon challenge puisque j’ai terminé Balzac ou le roman d’une vie de Stefan Zweig !
Clin d’oeil ou coup de destin, là ou j’ai passé mes vacances (en Allemagne pour ne rien vous cacher), j’ai découvert une chaîne qui s’appelle Balzac Coffee ! Bon, plutôt que clin d’oeil ou coup de destin, je dirai finalement une très belle illustration de mon sentiment à la lecture de Balzac ou le roman d’une vie : je l’ai lu avec un vif intérêt pour Balzac plus que pour Stefan Zweig (désolée pour les ferventes admiratrices de Stefan Zweig !), ce qui est tout à l’avantage de Zweig qui parle trèèèèèès bien de Balzac.
En effet, la vie de Balzac vue par Stefan Zweig est magnifiquement illustrée de multitudes d’anecdotes, et d’extraits de ses romans et surtout très bien racontée : Balzac a eu une vie très complexe et mouvementée. Je ne dévoilerai pas tout mais en tout cas cela m’a permis de mieux comprendre son œuvre !
De plus, du fait d’une vie extraordinairement riche, ce livre se lit effectivement comme un roman comme dit le titre, on suit avec plaisir l’évolution et le cheminement de Balzac, on frémit à la lecture de ses mésaventures et de ses malheurs (il sera constamment endetté et va s’embarquer dans des galères incroyables pour gagner de l’argent) , on est heureux de voir qu’il réussit à se faire connaître, on découvre sa manie et son admiration pour la grande noblesse, on découvre également l’antre de la création littéraire (il n’écrit que la nuit à l’aide de litres et de litres de café, fait des corrections à n’en plus finir) … Bref, tout pour me plaire, moi qui ai lu pas mal de livre de Balzac et qui suis une inconditionnelle du roman (je lis très rarement des essais et des biographies) !
Petit bémol, j’ai trouvé que Stefan Zweig se répétait souvent, qu’il avait également du mal à prendre parti, peut-être en raison d’une personnalité mouvante et complexe ?
Je donne un exemple :
- Il souligne au début de son livre que Balzac s’abrutit à écrire “des romans de gare” pour gagner de l’argent et que cela a sali son génie d’écriture, détruit la perfection de ses romans.
Il est bien resté de cette sinistre aventure un peu de boue collée à ses vêtements, quelque chose comme l’odeur douceâtre de ces bordels de la littérature dont il fut habitué. [...] Balzac ne s’est jamais tout à fait débarrassé dans ses romans de cette facilité de feuilleton, de ses invraisemblances, de son épaisse sentimentalité.
Et pourtant, à plusieurs reprises, il souligne ô combien furent importantes et décisives ses années de dur labeur pour découvrir “la vraie vie” et utilisera très souvent le mot “chef d’œuvre”.
C’est seulement après que son imagination s’est amalgamée avec la réalité et l’a pénétrée, que peut être créée cette merveilleuse substance des romans de Balzac, cette mixture parfaite de réalisme et de fantaisie.
A plusieurs reprises également, il souligne le paradoxe entre l’ambition folle et démesurée de Balzac de devenir riche, célèbre et important (il va s’embarquer dans des entreprises hasardeuses avec urgence et sans préparation pour gagner un maximum d’argent, il va tout donner pour faire partie de la grande noblesse, va plusieurs fois hésiter à prendre la voie de l’écriture pour satisfaire ses ambitions) et la conscience que Balzac a de de l’immensité et de l’importance de son projet, lui qui va passer quasiment toutes ses nuits de sa vie à écrire des chefs-d’œuvre et à créer la Comédie humaine.
La création littéraire n’était pas pour lui une nécessité et il ne la sentit jamais comme une mission. Il considérait qu’écrire était une des nombreuses possibilités qui s’offraient à lui pour percer, pour dominer le monde par l’argent et la gloire.
Peu de temps avant la citation ci-dessus, il venait de dire :
C’est seulement dans la lutte acharnée qu’il a senti sa force et en même temps reconnu la condition péremptoire pour emporter un succès décisif : concentrer et tendre sa volonté vers un but unique et dans une seule direction.
La justesse de la conclusion ci-dessous est décisive dans la compréhension de Balzac, monstre littéraire (quand je pense le nombre de romans qu’il a écrit, on en reste sans voix : 137 romans et nouvelles !) :
Son génie véritable résidait dans la volonté et on peut appeler hasard ou destin, ad libitum, le fait que cette volonté s’est justement appliquée à la littérature.
On comprend mieux la difficulté de la tâche d’écrire la biographie de Balzac qui est remplie de paradoxes : jamais il n’aurait autant écrit s’il n’était pas poussé par ses créanciers à payer ses dettes, jamais il n’aurait puisé la nourriture nécessaire à la création de ses romans s’il n’avait été contraint de se “prostituer” en écrivant des milliers et des milliers de lignes de romans sentimentaux, jamais il ne serait devenu écrivain s’il avait réussi par d’autres voies d’assouvir ses ambitions….
Difficile à dire et à raconter tant on a envie de penser que les génies littéraires ont un destin pré-destiné, qu’il écrivent pour la beauté de la chose sans arrière pensée tels que richesse et gloire !
Une excellente lecture, je remercie les instigatrices de ce challenge : je n’aurais jamais pensé à lire ce genre de livre et je n’en suis plus que ravie d’avoir découvert la vie de Balzac !
Les avis enthousiastes de Picwick et de Keisha, il me semblait avoir vu un autre compte-rendu, mais je ne trouve pas
[Edit : Keisha souligne à juste titre qu'il s'agit d'une publication posthume, à la fin du livre se trouve une note de l'éditeur qui explique la genèse de ce livre qui n'a pas été terminé par Stefan Zweig, ce qui explique très certainement l'impression que j'ai eu de redites et de flou dans les jugements de Stefan Zweig]


Il se lit comme un roman : tout à fait d’accord.
Quelques imperfections, oui, j’ai remarqué, sans doute dues au fait que ce livre est posthume, c’est un ami qui s’est chargé des dernières pages et de la publication.
je pense que tu en as profité pour noter les titres de Balzac recommandés par Zweig.
Le comm précédent est de moi, keisha, mais je me suis fait encore avoir, car j’ai un blog “essai” chez wordpress avec un autre pseudo (ma vie est tout à fait fascinante ^_^)
Oups !! tu veux que je modifie le message précédent (si je peux le faire ?)
oui tu as tout à fait raison pour l’écrit posthume, d’ailleurs, cela m’avait également interpellée, mais j’ai oublié d’en parler, je crois que je devrai prendre des notes pour mon blog (j’apprends au fur et à mesure !)
Non, ne change rien, cela n’a pas une si grande importance. Je participe aussi au challenge, sans doute avec Amok, plus tard.
Comme toi, ce livre m’est tombé dessus grace à Caro[line] et Karine:) qui organisent ce challenge, et je suis absolument ravie par cette lecture !! Oui, Balzac et ses paradoxes sont vraiment délicieux sous la plume de Stefan Zweig !! Très heureuse que ce titre t’ai plu également !
c’était toi qui m’a donné envie
Merci pour la découverte !
[...] – Balzac, le roman de sa vie [...]
Une biographie que j’ai bien envie de lire !
Fonce ! c’est très agréable à lire !